Une déclaration d'intention pour résoudre la question jurassienne

Discours, DFJP, 20.02.2012. Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. La parole prononcée fait foi.

Bern. Discours de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga lors du point de presse suite à la conférence tripartite Jura à la Maison de Watteville, le 20 février 2012.

Madame et Messieurs les membres des gouvernements bernois et jurassien,

Monsieur le Président de l'Assemblée interjurassienne,

Mesdames, Messieurs,


Introduction
N’y voyez aucune ironie de l’histoire si c’est une maison patricienne bernoise qui sert de cadre à la présente conférence de presse. Vous êtes peut-être moins confortablement installés qu’au centre de presse, mais nous avons souhaité que la signature de la déclaration d’intention des deux gouvernements, qui constitue un acte politique important pour l’avenir de la région jurassienne, se déroule dans un lieu privilégié du dialogue interjurassien.

Les conférences tripartite Jura
Depuis la signature de l’Accord du 25 mars 1994 sur l’institutionnalisation du dialogue interjurassien, et même avant déjà, la Maison de Béatrice de Watteville a accueilli les conférences tripartites consacrées au dossier jurassien, conférences présidées par les chefs successifs du Département de justice et police. Et ils ont été nombreux depuis 1994, cinq pour être précis.

C’est ici que des affinités sont nées entre les deux gouvernements, que des processus ont été discutés et convenus pour aboutir, aujourd’hui, à un accord que l’on peut qualifier sans trop d’exagération d’historique.

Enfin, dirons ou penserons certains, enfin, la question jurassienne pourrait être définitivement réglée.

Les représentants du Conseil fédéral l’ont souvent répété par le passé: l'idée qui sous-tend l'Accord du 25 mars 1994 est de dégager, par le dialogue, des solutions qui naissent de la région concernée elle-même. Il ne s'agit pas d'imposer des solutions de l'extérieur. C'est du sol jurassien que doit naître et que naîtra le futur de cette région.

Perspective historique
La déclaration signée aujourd’hui est la conséquence du rapport final de l’Assemblée interjurassienne sur l’avenir institutionnel de la région jurassienne : Ce rapport, en filigrane, évoquait déjà la perspective de votations. L’AIJ avait un mandat et un objectif ambitieux : imaginer l’avenir institutionnel de la région jurassienne. Et l’accord du 25 mars devait permettre de régler le conflit jurassien, pour reprendre les termes mêmes de l’accord.

Je constate avec bonheur aujourd’hui que ces objectifs sont en passe d’être atteints.

Appel à la sérénité
Certes, la perspective d’une votation, voire de plusieurs votations, éveille des espoirs, mais aussi des craintes. La région jurassienne est sortie meurtrie des plébiscites des années 1970. Et si les blessures se sont, pour la plupart, cicatrisées, je comprends que certains puissent craindre de revivre une histoire somme toute pas si ancienne.

Comme les gouvernements s’y engagent à l’article 7 de leur déclaration, j’aimerais moi aussi insister sur la nécessité de maintenir un climat serein et empreint de loyauté dans le processus qui s’engage aujourd’hui. Je suis persuadée que la région jurassienne mérite mieux que des provocations stériles ou des coups d’éclat. Depuis 1994, la région jurassienne n’a plus connu de déchirements. La paix doit demeurer durable.

Je ne doute pas que nos vertus helvétiques de respect, de tolérance et d’écoute seront plus que des incantations dans le processus qui s’ouvre aujourd’hui. Elles ont été appliquées très concrètement depuis 1994, il n’y a pas de raison qu’il en aille différemment à l’avenir. J’en appelle donc à l’ensemble des acteurs politiques et à la population de la région jurassienne pour que ces vertus de respect, de tolérance et d’écoute accompagnent le processus qui s’engage aujourd’hui.

Conclusion
En conclusion, j’aimerais vous remercier, Madame et Messieurs les membres des gouvernements bernois et jurassien, d’avoir su, en relativement peu de temps, aboutir à un accord, à cette déclaration d’intention. Et je tiens à remercier l’Assemblée interjurassienne d’avoir, pas ses réflexions, jeté les bases qui ont rendu cet accord possible.

Je puis aussi vous assurer que le Conseil fédéral et moi-même continuerons à nous engager pour garantir à l’avenir un climat tout aussi constructif.
Mme Baume-Schneider et M. Perrenoud vont maintenant vous présenter le contenu matériel de l’accord. M. Marty nous donnera enfin son appréciation personnelle de l’accord, en sa qualité de président de l’AIJ nommé par le Conseil fédéral.
Je vous remercie de votre attention et passe la parole à Mme Baume-Schneider, présidente du gouvernement jurassien.